lundi 8 février 2010

Picastro - Whore luck


A l’évidence, le changement de label (de Monotreme à Polyvinyl) a permis à Picastro de bénéficier de plus de moyens pour enregistrer ce troisième album. Aussi Whore Luck se distingue-t-il de son prédécesseur, Metal Cares, par une production bien plus riche, généreuse et ample.
Et cette embellie sonore s’accompagne également d’un assez sensible réchauffement de l’atmosphère, tout en restant néanmoins dans un ton folk / blues rock ténébreux. Les compositions du groupe de Toronto gagnent ainsi en profondeur ce qu’elles perdent en trouble. L’orchestration s’étoffe, autour des deux éléments si caractéristiques des chansons de Picastro, ces éléments centraux autour desquels les autres semblent tourner : la voix de Liz Hysen (accompagné à deux occasions par des voix masculines), toujours au bord de la rupture et le violoncelle de Nick Storring, grave et angoissant.
Ainsi, Picastro semble désormais évoluer en véritable collectif, autour des 5 membres d’origine, s’enrichissant de cordes, piano, percussion et d’éléments électroniques (assurés pour partie par le résident de Tigerbeat 6, l’excellent Dwayne Sodahberk). La musique de Picastro se singularise toujours par son aspect brinquebalant et le groupe parvient même à complètement s’approprier et vampiriser If You Have Ghosts de Roky Erickson et Older Lover de The Fall. Au final, Whore Luck sonne comme une version patraque de The Rachel’s accompagnée par une chanteuse à bout de force.


Picastro - Whore luck
http://www.mediafire.com/?joozntl54zz

1. Hortur
2. Car Sleep
3. Friend of Mine
4. In The Weeds
5. All Erase
6. Ghosts
7. Towtruck
8. Stair Keeper
9. Albanis
10. Older Lover

Bill Callahan

Route du Rock 2009, le dimanche soir à 19h, tout le monde attend impatiemment le concert de Grizzly Bear. Quarante cinq minutes plus tard, les cinq mille festivaliers présents n’ont plus qu’un seul nom en tête : Bill Callahan. Et pourtant, sur le papier, l’ancien leader de Smog et ses musiciens se devaient juste d’ouvrir la soirée. Mais soyons juste, ceux qui avaient déjà découvert son dernier album « Sometimes I Wish We Were An Eagle » et les fans de la première heure savaient que le concert de l’année ne tarderait plus à venir. La voix grave et rugueuse du songwriter américain s’est alors élevée sur le fort Saint Père, magnifiquement portée par des musiciens aussi précis que classes, et les anges se sont tus. Sur « Eid Ma Clack Show », Bill Callahan rêvait de la chanson parfaite, mais ce soir là devant des milliers d’incrédules, il venait d’exécuter le concert parfait. Grande nouvelle, il a choisi Le Grand Mix pour récidiver.

Sir Richard Bishop

samedi 6 février 2010

The Long Blondes - Couples


On a d’abord cru à une erreur quand, il y a quelques semaines, on a découvert Century sur le MySpace de The Dead Eyed Bitches, pseudo évident des Long Blondes pour qui connaît les paroles de leur single electro frétillant, Giddy Stratospheres. Il a fallu se rendre à l’évidence : ce n’était pas Donna Summer qui chantait sur du New Order.
Prédécesseurs directs de ce virage, certaines b-sides de Someone to Drive You Home, premier album aux guitares vintage, prenaient déjà un malin plaisir à réorganiser les structures, privilégier la rythmique et les synthés, entre les mains d’Erol Alkan, DJ doué devenu sixième membre du groupe et producteur de ce deuxième album. Liées par des extraits de dialogues de télé ou de cinéma, ces histoires de désirs inassouvis savent doser le brûlant (Erin O’Connor, hymne à la classe intemporelle de cette top-model anglaise) et le glacial (le minimaliste Too Clever by Half, l’hypnotique Round the Hairpin), la finesse d’esprit et l’envie de danser, laissant la porte ouverte à quelques riffs astucieux qu’il serait dommage de laisser tomber.


The Long Blondes - Couples
http://www.mediafire.com/?zwnxvsymw4j

1. Century
2. Guilt
3. The Couples
4. I Liked The Boys
5. Here Comes The Serious Bit
6. Round The Hairpin
7. Too Clever By Half
8. Erin O'Connor
9. Nostalgia
10. I'm Going To Hell

vendredi 5 février 2010

Chungking Express ost


The song "Baroque", composed by Michael Galasso, can be heard twice during the first part of Chungking Express : during the opening and when Brigitte Lin's character takes the gun in the closer. This track does not appear on the soundtrack album, although three other tracks are similar to it: "Fornication in Space" (track 3), "Heartbreak" (track 8) and "Sweet Farewell" (track 9), played respectively on synth, guitar and piano. The first story also features "Things in Life" by the Jamaican reggae singer Dennis Brown, which plays in the American bar where Kaneshiro's and Lin's characters meet.
The second story features Faye Wong's Cantonese cover version of "Dreams" by The Cranberries, which is also played over the end credits. "California Dreamin'" by The Mamas & the Papas, is played numerous times as it is the favourite song of Faye Wong's character. "What a Diff'rence a Day Made", performed by Dinah Washington, is played during a scene between Tony Leung and Valerie Chow's characters.


Chungking Express ost
http://rs36.rapidshare.com/files/136846898/Chungking_Express_OST.rar

1. Faye Wong - Dream Person (Cantonese)
2. Chasing The Metaphysical Express.mp3
3. Sensuous Forest.mp3
4. Fornication In Space.mp3
5. Rain, Tear And Sweat.mp3
6. Night Snack.mp3
7. Entering The Hardboiled Wonderland.mp3
8. Rock Like A Dog.mp3
9. Heartbreak Interlude.mp3
10. Sweet Farewell.mp3
11. Faye Wong - Bluebeard.mp3
12. Mamas and the papas - california dreaming.mp3
13. Dennis Brown - Things In Life.mp3
14. Flying Pickets - Only You.mp3
15. dinah washington - what a difference a day makes.mp3
16. Faye Wong - Dream Person (Mandarin)

Adam Green

Cette grande andouille d’Adam Green, l’ex-prince de l’antifolk, reconverti en crooner débraillé et/ou en Lou Reed du dimanche. On aime depuis toujours ses chansons à quatre accords, ses refrains vite écrits et mal enregistrés pour les Moldy Peaches, ses escapades glam rigolardes, ses envolées façon music-hall, son timbre caverneux et sa justesse toute relative. Même pas encore trentenaire malgré les six albums solo qu’il affiche au compteur, le New-yorkais continue à traîner sa dégaine de dandy débonnaire et ses chansons pince-sans-rire aux quatre coins du monde. On le croise au Brésil en compagnie de ses copains de Little Joy, à Londres à écumer les tavernes avec son pote Carl Barat, en Ukraine en train de draguouiller des top-models, à Paris à siroter du vin dans les cafés branchés, qu’importe : le garçon pérennise l’esprit sacré des anciens (Jonathan Richman en particulier, mais aussi les Make-Up de Ian Svenonius, que nous accueillerons le 1er avril) avec un brio désarmant. On entend même son influence affleurer chez toute une génération de jeunes groupes, tels que les talentueux français de Coming Soon. Il vient de signer un nouveau disque, « Minor Love », avec son éternel comparse Noah Georgeson, qui s’annonce plus velvetien encore qu’à l’accoutumée.

Joe Volk

Originaire de Bristol (UK), Joe Volk a débuté comme chanteur au sein du groupe Gonga. Il participe également au projet Crippled Black Phoenix, aux côtés de Dominic Aitchison (Mogwaï). En 2007, il sort un premier album solo Derwent Waters Saint produit par Adrian Utley (Portishead), qui est unanimement salué par la critique anglaise. Adepte du fingerpicking, à la façon de Nike Drake ou José Gonzalez, son univers est empreint de folk et mêle élégamment éléments électroniques et sources sonores incongrues.

mercredi 3 février 2010

Gravenhurst - The western lands


Etrange parcours que celui de Nick Talbot, tête pensante de Gravenhurst : après avoir démarré par un album de folk qui trouvait une part de son inspiration dans les compositions introspectives de Nick Drake ("Flashlight Seasons"), il prenait une direction plus électrique mais tout aussi torturée ("Fire In Distant Buildings"). En tous les cas Gravenhurst avait réussi à nous embarquer dans ses ambiances amères, et on ne pouvait qu’être impatient à l'idée de tendre une oreille attentive sur le dernier album du groupe, "The Western Lands".
Ceux qui ont eu la chance de voir Gravenhurst en concert ont pu constater que le groupe manie à merveille le principe de la douche écossaise, en alternant des compositions assez calmes et posées, tout en arpèges cristallins, avec des déflagrations sonores dignes des plus grands représentants du shoegazing. Ce principe est ici décliné sur "The Western Lands", notamment avec le superbe She Dances, qui réussit à concilier écriture folk, électricité retenue, distorsion explosive et rythmiques minimalistes (dont la conclusion rappelle celle de Seventeen Seconds de The Cure).
Pour autant, il ne faudrait pas passer à côté de la perle de noisy pop qu’est Hollow Men, avec ses nappes de guitares saturés jusqu’à en devenir cotonneuse (rappelant ainsi My Bloody Valentine) et sa rupture bruitiste en milieux de morceau. Et avec Trust et Hourglass, Gravenhurst se rapproche même de l’écriture pleine de noirceur du Velvet Underground. Mais si ces compositions angoissées confirment que Gravenhurst est un des groupes les plus fascinants du moment, il serait dommage de ne pas tenir compte des morceaux plus mélancoliques comme le superbe Saints placé en ouverture, Song Among The Pine, ou encore le magnifique The Collector dont les quelques notes de guitare acoustique et de clavier seront prompts à tirer des larmes à n’importe quel indie-kid.
Tour à tour envoûtant, noisy, fulgurant, triste, "The Western Lands" s’affirme comme un des chefs-d’œuvre de cette fin d’année. Et en mélangeant une écriture folk avec la noirceur des guitares distordues, Gravenhurst affirme un peu plus le retour du shoegazing.


Gravenhurst - The western lands
http://www.mediafire.com/?tztymottzmm

1. Saints
2. She Dances
3. Hollow Men
4. Song Among The Pine
5. Trust
6. The Western Lands
7. Farewell, Farewell
8. Hourglass
9. Grand Union Canal
10. The Collector

mardi 2 février 2010

Bob Log III - Log bomb


Seul avec son appareillage rythmique et sa guitare, ce Bob Log III assure le show. Ce musicien dérangé et déjanté, casque d'aviateur sur la tête, se présente comme un « one man band ». Il balance ses chansons blues punk au public qui en redemande. Concert à ne pas manquer qui convie à des transes initiatiques d'un drôle de genre.


Bob Log III - Log bomb
http://www.mediafire.com/?m4ymjo1ozyb

1. Log Bomb
2. One Man Band Boom
3. Boob Scotch
4. Wigglin' Room
5. Make You Say Wow!
6. Bubble Strut
7. String Pole
8. Wag Your Tail Like A Dog In Back Of A Truck
9. Drunk Stripper
10. F Hole Parade
11. Put That There
12. Rattler
13. Slide Guitar Ride Junior

lundi 1 février 2010

The Sea

The Sea est un duo anglais qui ne fait pas dans le détail. Franchement pas gourmands côté fiche technique (une batterie, un micro, une guitare, point barre), les frangins Peter et Alex Chisholm ne se feront pas prier pour envoyer du bon vieux rock qui chicore, vicelard comme un classique des Stooges, maléfique comme un riff du Led Zep, reptilien tel un T-Rex et malin comme du White Stripes. The Sea, on ne risque pas trop de les voir danser le long des golfes clairs... Ce serait plutôt le genre à balancer des canettes sur les touristes et à siffler les louloutes en bikini.
Amis de la musique savante et de l’innovation, passez donc votre chemin. Si en revanche vous aimez les amplis qui saturent et la bière en gobelets, cette soirée est faite pour vous !